Des ingénieurs occidentaux payés comme leurs confrères indiens ou chinois ?
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Il semble bien loin le temps où Raymond Barre invitait les chômeurs à changer de région s'ils ne trouvaient pas de travail dans la leur. A l'époque, on se souvient que le propos avait fait débat. Depuis, il y a eu la mondialisation, qui nous vaut aujourd'hui ce titre un peu provocateur de notre confrère américain Electronic Business : « If your job moves to India, follow it ». Autrement dit, il s'agit de prendre le travail où il se trouve, même si c'est dans une zone à bas salaire. Bref, après la délocalisation des usines et des services dans les pays à bas salaire, il s'agit maintenant de délocaliser également le personnel. La chose avait été proposée il n'y a pas si longtemps en France lors de la délocalisation d'un site industriel, et on ne peut pas dire qu'elle avait eu beaucoup de soutien !
Le titre de notre confrère a été inspiré par une initiative confidentielle d'IBM (Project Match), qui encourage ses employés à émigrer en Inde et d'autres pays à bas salaires, quitte à les aider pour les formalités administratives et les coûts de déplacement... Les salariés délocalisés travailleraient aux conditions en vigueur dans les pays en question, donc avec des rémunérations beaucoup plus faibles que celles qu'ils avaient jusque là. La démarche est en rupture totale avec ce qui se pratiquait jusqu'ici, où les salariés devant partir à l'étranger se voyaient généralement octroyer un bonus conséquent. Désormais, il n'est plus question de partir à l'étranger pour faire fortune... Et s'il n'est pas possible de capitaliser, le retour au pays d'origine (où la vie est plus chère) s'annoncera difficile... Par ailleurs, notre confrère n'évoque pas les difficultés que peut présenter une émigration sur le plan familial. Notre confrère cite ensuite différents rapports publiés outre atlantique selon lesquels un départ à l'étranger peut se révéler être une bonne chose. Tout d'abord, c'est mieux d'avoir un travail dans ces conditions que de ne pas avoir de travail du tout. Ensuite, les gens qui ont une expérience de travail à l'étranger sont en général plus appréciés et donc plus recherchés. Certains analystes disent qu'à l'avenir il y aura beaucoup plus de carrières internationales, y compris pour ceux qui travaillent dans les métiers de l'ingénierie. Stacie Nevadomski Berdan, auteur d'un rapport sur les évolutions de carrière estime que le projet prêté à IBM est le signe avant-coureur d'une pratique appelée à se développer. Malgré tout, cette évolution trouvera ses limites. Les pays à bas salaires taxent de plus en plus les multinationales, sans doute dans l'idée que les gains réalisés sur place servent à aider le pays et non à enrichir les maisons mère situées dans d'autres pays... Lire l'article intégral
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