Avec la multiplication des rachats, Intel est de plus en plus présent sur le marché de l'embarqué. L'annonce majeure reste bien sûr l'acquisition du spécialiste des logiciels Wind River (relire l'information) mais le leader vient de faire deux grosses opérations avec le rachat coup sur coup de McAfee et de l'activité Wireless Solutions d'Infineon, qui obéissent à des logiques différentes. Pour le rachat pour 1,4 milliard de dollars de l'activité des solutions sans fil d'Infineon, il s'agit de se renforcer dans les microcontrôleurs, son marché traditionnel. Infineon lui apporte une compétence complémentaire dans les processeurs pour produits communicants (smartphones, tablettes, ordinateurs et consoles de loisir avec communication 3G/4G) qui ont largement recours aux processeurs à architecture ARM. Avec cette opération, Intel aura une présence beaucoup plus forte auprès des acteurs du marché (Apple, Nokia, Samsung, LG, etc.) qui est en train d'exploser. Ce qui est sûr aussi, c'est que cela apparaît un peu comme la reconnaissance par Intel du succès de l'architecture ARM face à ses processeurs Atom et un revirement de la société dans ce domaine (en 2006, il avait cédé son activité ARM (Xscale) à Marvel. Avec le rachat de McAfee pour 7,68 milliards de dollars (soit un prix 60 % supérieur à celui de la capitalisation boursière), Intel fait une opération nettement plus importante. Pour le futur immédiat, les commentateurs ne comprennent pas très bien l'objectif d'un tel rachat car McAfee est avant tout un antivirus qui sert à protéger les systèmes d'exploitation de Microsoft, et Intel n'est donc pas directement concerné. Sur EEtimes, un blogueur estime que tout se passe comme si Intel faisait un pari à 7,68 milliards de dollars que Microsoft ne parviendra pas à développer un système d'exploitation sûr. Encore heureux que les deux sociétés soient partenaires de longue date !Cela dit, on peut voir aussi qu'Intel se projette dans l'avenir, où la sécurité sera de plus en plus intégrée dans les composants. Ce sera plus particulièrement vrai pour les produits communicants (sans fil ou non). De ce point de vue, les rachats de Wind River hier, Infineon WLS et McAfee aujourd'hui, obéissent à la même logique qui est de permettre à Intel d'être de plus en plus présent sur le marché des produits communicants, et ce avec de solides arguments.
Pro-Artis signifie "Probabilistically Analysable Real-Time Systems", c'est-à-dire systèmes temps réel analysables avec les lois probabilistes. Il s'agit d'un nouveau projet européen destiné à définir des architectures matérielles et logicielles pour les systèmes embarqués avec temps réel critique. Grâce à l'introduction des calculs statistiques, désormais couramment utilisés dans la conception de tous les systèmes de sécurité, on pourra être pratiquement assuré que même dans les cas extrêmes, les temps d'exécution ne seront pas longs... Plus précisément, on pourra calculer la probabilité qu'un temps d'exécution ne dépasse pas 1,5 ms, 1,55 ms, etc., de la même manière qu'aujourd'hui, les lois statistiques permettent de calculer la probabilité qu'un système ne dépassera pas un taux de pannes donné.Sysgo vient de rejoindre le consortium créé pour mener à bien le projet Pro-Artis, dans lequel l'Inria est particulièrement impliqué. Aux côtés de Sysgo, on relève notamment les noms de Infineon, NXP, IBM, Agence Spatiale Européenne, Airbus et BMW.
Selon une étude menée par le cabinet Pierre Audoin Consultants (voir le rapport détaillé), 66 % des industriels ont recours à l'offshore, dont 82 % à travers leurs propres centres de développement R&D off shore. En général, la pratique de l'offshore porte sur une ou plusieurs phases d'un projet, mais rarement sur la totalité (contrairement à l'informatique de gestion). L'offshore débute souvent par les activités de test de de vérification.Parmi les raisons avancées pour justifier la pratique de l'offshore, la réduction des coûts, l'accès à des compétences clés et la flexibilité du modèle sont citées par la moitié des répondants à l'enquête. L'expertise technique, le suivi des projets ou l'architecture des systèmes sont souvent gardés sur le site de l'entreprise, du fait de la propriété intellectuelle.
WindRiver avait deux versions de son système d'exploitation VxWorks pour applications critiques : l'une était certifiée DO-178B pour les applications avioniques tandis que l'autre, qui répondait à la norme IEC61508, était d'un usage plus général, notamment l'automobile et les automatismes. La plate-forme issue de ce rapprochement sera vendue sous le nom Cert Platform. Parmi les nouveautés, on citera le support pour le langage C++ et les process temps réel et une plus grande souplesse pour l'importation et la réutilisation du code.Derrière cette annonce, il faut voir que la certification des systèmes d'exploitation, autrefois réservée aux applications de transport (avionique, automobile et ferroviaire), est désormais de plus en plus demandée dans tous les secteurs industriels, notamment les automatismes, le médical et l'énergie.
Dans le prolongement d'opérations du même type menées pour les standards VPX et FMC, le VITA annonce la création de l'alliance marketing VXS afin de faire la promotion du standard VXS (Ansi/VITA41), qui est la version série commutée du célébrissime bus parallèle VME. Sur son connecteur P0, le VXS supporte les standards PCI Express, RapidIO, StarFabric et InfiniBand. Il existe déjà 80 produits conformes à ce standard et d'après la société d'études de marchés VDC, le marché devrait tripler de 2009 à 2012.Le consortium VXS rassemble notamment Mercury Computer Systems, CSP, Curtiss-Wright Controls, Pentek, Elma Electronic, EVOC Intelligent Technology TEK Microsystems, Hartmann Electronic et W-IE-NE-R.
Dassault Systèmes n'oublie pas la France. La société, qui a multiplié ces derniers temps le rachat d'entreprises américaines, a pris au début de l'été le contrôle du Français Geensoft, pour 5,5 millions d'euros. Dassault Systèmes se renforce ainsi dans la fourniture d'outils permettant de modéliser et de générer le logiciel de commande d'un système avec une boucle de validation, grâce à la connexion de l’équipement physique à la maquette numérique. Les outils de Geensoft viennent s'intégrer dans la plateforme PLM V6 de Dassault Systèmes, qui offre un environnement collaboratif pour permettre de fédérer les nombreuses disciplines d’ingénierie système qui travaillent aujourd’hui avec des centaines d’outils spécialisés déconnectés les uns des autres. En tirant profit de la technologie de Geensoft sur cette plateforme et en exploitant le pouvoir de la 3D et des technologies de recherche et d’accès à l’information, Dassault Systèmes sera en mesure de fournir une nouvelle classe de solutions PLM d’ingénierie systèmes. On notera en particulier les efforts faits ces dernières années par Geensoft dans l'univers de la conception automobile, plus particulièrement sur la fourniture d'outils de développement de codes embarqués conformes au standard Autosar . Dans l'offre de Geensoft, les produits les plus connus sont le logiciel de gestion des exigences Reqtify et surtout l'environnement intégré de conception de validation et de maintenance de systèmes automatisés ControlBuild. Pour la petite histoire, on rappellera que Geensoft est née il y a quelques mois, après avoir quitté Geensys (relire l'information).
Le noyau du système d'exploitation temps réel Neutrino de QNX vient d'obtenir la certification IEC 61508, avec le niveau SIL3. Il garantit donc un bon niveau de fiabilité pour les concepteurs de systèmes critiques du point de vue de la sécurité, notamment dans les applications de transport, de génération d'énergie et de contrôle de process. Le noyau de Neutrino repose sur une architecture micro-noyau modulaire dans laquelle les applications, les pilotes, les fichiers et les piles réseaux fonctionnent comme des composants séparés, avec des protections mémoires.
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