Le monde de l'embarqué est en évolution permanente. Comme nous l'indiquions dans notre dernière édition, ce début d'année a vu se multiplier les annonces de cartes intégrant les tout nouveaux processeurs Core i5/i7 d'Intel alors qu'il y a encore quelques mois tout gravitait autour des Atom. Une des caractéristiques de cette nouvelle génération de processeurs est d'avoir été pensée pour faciliter le développement des applications graphiques. Dans une tribune publiée récemment, Lauro Rizzatti, directeur général de EVE, estime justement que le graphisme à haute définition devient une tendance lourde dans l'embarqué (lire l'article complet). Il souligne aussi la redistribution des cartes dans l'univers des processeurs, avec des nouveaux entrants comme Apple par exemple (encore qu'il s'agisse d'un ré-entrant). On assiste aussi à des mouvements entre Intel et les fabricants de processeurs ARM, chaque clan voulant aller chasser sur les terres de son concurrent. Les lignes bougent aussi du côté des systèmes d'exploitation, avec le rachat tout récent de spécialistes du secteur (Wind River, Monta Vista) par des fabricants de composants (respectivement Intel et Cavium), le développement de Linux et bien sûr l'arrivée de l'Android de Google (réservé aux applications mobiles pour l'instant).
La société britannique Artisan Software Tools et la société américaine Aonix vont fusionner. En baptisant Atego la société née de la fusion, on reste dans le Monde des Ā...Atego sera basée à San Diego, le fief d'Aonix. Pierre Cesarini, jusque-là p.-d.g. de Aonix, a été nommé p.-d.g. de Atego et James B. Gambrell (ancien p.-d.g. de Artisan) a été nommé directeur exécutif. Plus généralement, les équipes de management des deux entités seront fusionnées.Atego prolongera bien évidemment les activités de Artisan et Aonix, spécialisées dans les outils de développement de logiciels et de systèmes critiques du point de vue de la sécurité. Outre les Etats-Unis et le Royaume Uni, Atego est notamment présente en Allemagne, en France et en Italie.
Start-up issue du CNRS en 2003, Sensitive Object s'était fait remarquer par sa technologie originale de commandes tactiles, basées sur les ondes acoustiques, et adaptable à toutes les surfaces (pas seulement les écrans) et tous les matériaux (pas seulement le verre). Visiblement, la technologie est mûre et prometteuse. Après Motorola qui avait pris une part du capital en décembre dernier, c'est au tour du groupe Tyco. En rachetant la participation de Sofinnova Partners, qui était majoritaire dans le capital, Tyco devient donc maître à bord de Sensitive Object. Le groupe américain a déboursé 62 M$ pour arriver à ses fins.Rappelons que Tyco n'en est pas à ses débuts dans ce domaine. Il y a quelques années, il avait pris le contrôle de Elo Touch, alors leader mondial dans les dalles tactiles.
Hier, quand on voulait ajouter une fonctionnalité à un PC portable ou un système embarqué, on utilisait des cartes PCMCIA (Personnal Computer Memory Card International Association). Des cartes mémoire, d'acquisition de mesures et de communications ont notamment été développées à ce format. Mais avec le succès du port USB, ces cartes sont en voie de disparition, remplacées par les clés USB, qui assurent les mêmes fonctions. La fondation PCMCIA en a tiré la conclusion logique : elle cesse en tant que telle et ses adhérents travailleront désormais au sein de l'USB Implementers Forum (USB-IF).PCMCIA avait développé les standards PC Card et CardBus, aujourd'hui stabilisés. Plus récemment, elle a développé le format Express Card (proposé en deux tailles), compatible PCI Express et USB 2.0. Les travaux sur l'Express Card vont se poursuivre au sein de l'USB-IF.
National Instruments France annonce la mise en place d’un programme destiné à supporter les petites et moyennes entreprises dans leur développement d’applications embarquées. Ce programme de subvention consiste à offrir jusqu’à 25 000 € de logiciel, support et formation à une sélection de start-up qui envisagent d’exploiter la plate-forme NI pour développer leurs produits. NI France acceptera les candidatures tout au long de l’année 2010. Pour postuler, les TPE et PME doivent fournir une documentation sur l’entreprise et le projet concerné, et participer à un entretien.Cette opération n'est bien entendu pas dénuée d'arrières pensées. En adoptant les logiciels de développement de National Instruments, les sociétés concernées seront bien évidemment conduites à réaliser la partie matérielle avec des produits NI. Plus les perspectives de ventes seront intéressantes pour National Instruments, plus la société aura de chance d'accéder à la subvention. On ne prête qu'aux riches ou, en l'occurrence, ceux qui ont des chances de le devenir...
Pour en savoir plus
Curtiss-Wright, un des acteurs majeurs dans l'univers des cartes pour applications embarquées, propose le système d'exploitation temps réel Integrity sur ses cartes ordinateur SVME/DMV-184 et VPX6-185, basées sur des PowerPC 8640. Rappelons que Green Hills est spécialisé dans les OS temps réel pour les applications exigeantes en termes de sûreté de fonctionnement et de sécurité.
Avant de racheter WindRiver, Intel avait mis la main sur la société suédoise Virtutech. C'est donc sans surprise que Wind River a intégré la plate-forme de développement Simics de Virtutech à son offre. La solution proposée par Virtutech consiste à porter l'ensemble des activités de développement d'un projet "système" sur une plate-forme virtuelle, ce qui permet de raccourcir le cycle de développement d'un produit. Simics propose notamment des simulations matérielles très fines (jusqu'au niveau binaire) à partir de simples PC. Avec Simics, il n'est donc pas nécessaire de disposer des composants et du matériel pour avancer le projet. Cette offre est très complémentaire de celle de Wind River, ciblée sur le développement du logiciel.
Encore une commande de prestige pour EVE, spécialisée dans les plates-formes de co-vérification matériel/logiciel. Le géant coréen LG Electronics lui a en effet commandé une plate-forme d'émulation ZeBu, qui lui permet de détecter des défauts invisibles avec les outils de simulation classique mais aussi de gagner beaucoup de temps : avec cette plate-forme, une co-émulation de 8 minutes a permis de faire un travail qui prenait 2 jours jusqu'ici.ZeBu-XXL est capable de traiter des projets complexes basés sur des ASICs et comportant de 12,5 à 100 millions de portes.
Synopsys, leader dans les outils de conception et de vérification de circuits intégrés, vient de prendre coup sur coup le contrôle de VaST Systems et CoWare.VaST Systems propose des outils et des modèles pour la conception de systèmes embarqués basés sur des circuits intégrés. L'approche consiste à développer un modèle logiciel du circuit intégré et de s'appuyer sur ce modèle pour développer le logiciel. Ceci permet de raccourcir le fameux "time to market" (temps de mise sur le marché).Quant à CoWare, elle est également spécialisée dans les techniques de virtualisation, mais avec une vocation "système" plus large (conception de systèmes sur une puce multi-cœurs avec plusieurs bus, processeurs et périphériques.
Eurotech, groupe italien spécialisé dans les solutions électroniques embarquées (cartes et systèmes), vient d'ouvrir une agence dans la région parisienne (à Suresnes). Celle-ci est animée par Yves Neimer, directeur commercial. Cet ingénieur de terrain issu d'une filière d'électronique d'instrumentation, a déjà 15 années d'expérience dans la commercialisation des systèmes embarqués.Rappelons que le siège d'Eurotech France est situé à Vénissieux, près de Lyon.
Tout est dit dans le titre ! Dans cet article, Ken Karnofsky de The Mathworks explique l'intérêt de disposer d'un modèle logiciel d'un système embarqué (Model-Based Design). La virtualisation du système permet de réaliser de nombreuses vérifications très en amont du projet de développement et de gagner beaucoup de temps lors des tests de validation finale.Télécharger l'article